Approche séquentielle

Le diagnostic des céphalées chez l’enfant est principalement clinique. Suivez ces étapes pour une évaluation structurée.

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Anamnèse détaillée

Étudier les caractéristiques de la douleur (ALICIA : Occurrence, Localisation, Intensité, Caractère, Irradiation, Soulagement/Aggravation), les symptômes associés, la fréquence, la durée et les facteurs déclenchants.

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Examen physique complet

Il comprend un examen neurologique (nerfs crâniens, fond d'œil, force, sensibilité, réflexes, démarche, cervelet), la mesure de la tension artérielle et du périmètre crânien chez le nourrisson.

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Rechercher des drapeaux rouges

Identifiez les symptômes ou les signes suggérant une cause secondaire grave. La présence de ces signes modifie le plan d'étude. Voir les panneaux d'avertissement.

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Classification et diagnostic

S’il n’y a pas de signes avant-coureurs, classez le mal de tête comme primaire (migraine, tension) et établissez un plan thérapeutique. En cas de doute ou de signes avant-coureurs, envisagez des tests supplémentaires.

Types de maux de tête primaires

Migraine

Céphalées récurrentes d’intensité modérée à sévère. Chez les enfants, elle est généralement bilatérale (frontale/temporale) et de plus courte durée que chez les adultes.

Caractéristiques cliniques :

  • Douleur: Pulsatile, pire avec l'activité physique.
  • Durée: 2 à 72 heures.
  • Symptômes associés : Nausées, vomissements, photophobie, phonophobie.
  • Aura (25% des cas) : Symptômes neurologiques transitoires (visuels, sensoriels) qui précèdent ou accompagnent le mal de tête.

Critères diagnostiques (ICHD-3) :

  • Au moins 5 épisodes répondant aux critères suivants.
  • Durée de 2 à 72h.
  • Au moins 2 de : bilatéral/unilatéral, pulsatile, d'intensité modérée/sévère, aggravé par l'activité physique.
  • Au moins 1 des : nausées/vomissements, photophobie/phonophobie.

Céphalée de tension

Il s’agit du mal de tête primaire le plus courant. Généralement lié au stress ou aux tensions musculaires.

Caractéristiques cliniques :

  • Douleur: Oppressif, pas pulsatile, comme un « groupe ou un casque ».
  • Emplacement: Bilatéral, holocrânien.
  • Intensité: Léger à modéré.
  • Activité physique : Cela ne s'aggrave pas avec l'exercice.
  • Symptômes associés : Il n'y a ni nausées ni vomissements. Il peut y avoir une photophobie ou une phonophobie (mais pas les deux).

Critères diagnostiques (ICHD-3) :

  • Au moins 10 épisodes. Durée de 30 min à 7 jours.
  • Au moins 2 des : bilatéraux, oppressants, d'intensité légère à modérée, non aggravés par l'activité.
  • Pas de nausées ni de vomissements.
  • Il peut y avoir une photophobie OU une phonophobie, mais pas les deux.

Autres maux de tête et maux de tête secondaires

Moins fréquent mais important à considérer. Les maux de tête secondaires sont le symptôme d’une autre pathologie.

Maux de tête en grappe

Très rare en pédiatrie. Douleur unilatérale, périorbitaire, très intense, avec symptômes autonomes homolatéraux (déchirure, rhinorrhée, ptose).

Maux de tête secondaires

Ils sont le symptôme d’une autre condition. Les causes peuvent être infectieuses (méningite, sinusite), traumatique, hypertension intracrânienne (tumeurs, hydrocéphalie), vasculaire, etc. La suspicion repose sur panneaux d'avertissement.

Panneaux d'avertissement (SNOOP4)

La présence de l’un de ces signes nécessite d’exclure une cause secondaire et d’envisager en urgence des tests de neuroimagerie.

SSystémique : Symptômes systémiques (fièvre, perte de poids) ou maladie sous-jacente (cancer, immunosuppression).
NNeurologique : Signes ou symptômes neurologiques focaux (convulsions, altération de la conscience, œdème papillaire).
ODébut: Apparition soudaine et abrupte, « le pire mal de tête de ma vie ».
OPlus vieux: Apparition à un âge > 50 ans (adapté en pédiatrie comme changement de schéma ou céphalée progressive).
PChangement de modèle et position : Modification du schéma (fréquence, intensité), céphalée posturale (aggravée en position couchée/levée), précipitée par Valsalva.
PŒdème papillaire : Œdème papillaire dans le fond d'œil.
PProgressif: Maux de tête qui s’aggravent progressivement au fil des semaines ou des mois.
PPrécipité par la toux/l'effort : Précipité par la toux, les éternuements ou l'exercice.

Tests diagnostiques

La plupart des maux de tête ne nécessitent pas de test. Ils sont demandés en présence de signes d'alarme ou de doutes diagnostiques.

Neuroimagerie (TDM crânienne ou IRM)

L’IRM est un choix judicieux car elle n’utilise pas de rayonnement et a une meilleure résolution. Indiqué s'il y a :

  • Examen neurologique anormal.
  • Signes d'hypertension intracrânienne (œdème papillaire, maux de tête qui se réveillent la nuit, vomissements matinaux).
  • Changement significatif dans la configuration des maux de tête.
  • Céphalée qui ne répond pas à un traitement adéquat.
  • Céphalées post-traumatiques sévères ou perte de conscience.

Ponction lombaire

Indiqué en cas de suspicion d'infection du SNC (méningite, encéphalite) ou d'hypertension intracrânienne idiopathique. Effectuez toujours d’abord un test d’imagerie en cas de focalité neurologique ou d’œdème papillaire.

Approche thérapeutique

Traitement des épisodes aigus

Administrer le médicament tôt, dès le début des symptômes, pour une plus grande efficacité.

1ère ligne : AINS

Ibuprofène: 10 mg/kg/dose (max. 600 mg).

Paracétamol : 15 mg/kg/dose (max. 1 g).

2ème ligne : Triptans (Migraine > 6 ans)

Médicaments de deuxième intention pour les migraines modérées à sévères qui ne répondent pas aux AINS. Utiliser sous contrôle médical.

Sumatriptan nasal : >12 ans. Dosage de 10 à 20 mg.

Rizatriptan oral : >6 ans et >40kg.

Calculateur de dose rapide

Traitement préventif et non pharmacologique

Déterminez si les maux de tête sont très fréquents (> 3 à 4 par mois), prolongés ou interfèrent de manière significative avec la vie de l'enfant.

Mesures non pharmacologiques

  • Hygiène du sommeil : Heures régulières, dormez suffisamment d'heures.
  • Alimentation: Évitez les jeûnes prolongés, une bonne hydratation.
  • Gestion du stress : Techniques de relaxation, thérapie cognitivo-comportementale.
  • Exercice physique régulier.
  • Identifiez et évitez les déclencheurs (nourriture, manque de sommeil, etc.).

Traitement pharmacologique préventif

Elle doit être individualisée et prise en charge par un spécialiste.

Options courantes : Propranolol, Flunarizine, Topiramate, Amitriptyline.

Bibliographie et ressources